samedi 8 août 2015


Musa Lèr, Dartige du Fournet, Saint Chamassy,Cahors
Durant le génocide arménien, la région du Musa Dagh fut un des  lieux de résistance des populations arméniennes.
Le Musa Dagh (Prononcez : Moussadare) Mont Moïse ,( en arménien : Մուսա Լեռ, Musa Ler) ,est une montagne de l'Amanus, située en 1915 en CILICIE, province de l’Anatolie méridionale
 En 1915, les habitants de sept villages autour de Musa Dagh ( le Mont Moise )—apprirent ce qui arrivait à leurs voisins arméniens dans d’autres lieux d’Anatolie   Environ  4500   Arméniens   décidèrent de sauver leur vie en grimpant dans la montagne et  défendirent le siège durant cinquante-trois jours

«  Quand, le 26 juillet 1915, le gouvernement turc donne l’ordre d’expédier en sept jours les Arméniens dans les déserts de Syrie, les chefs des six villages (Kéboussia, Vakef, Hadji-Habibli, Bitias, Yoghounolouk, Kheder-Bèg) décident de passer à l’auto-défense. «Un enfant sur les épaules, avec de quoi manger, les mères grimpaient vers les hauteurs. Les hommes cherchaient à boire au milieu des positions ennemies. Il y avait peu à manger à cette époque. On faisait bouillir du harissa. » Comme il faisait froid sur ces hauteurs, ils dressèrent des tentes pour abriter les populations. »






Le 5 septembre  le croiseur Guichen  aperçoit le signal

Le  vice amiral  Dartige du Fournet commandait la troisième escadre française  basée en Syrie, chargée de faire appliquer le blocus des côtes turques décrété en août 19151.  Il sollicite des instructions auprès de l’état-major.

 Sans réponse précise, c’est finalement sous sa responsabilité que, les 12 et 13 septembre, 4 080 Arméniens sont embarqués sur la Foudre, le D’Estrées, leGuichen, l’Amiral Charner et le Desaix












Les  Mussalertsi furent acheminés à Port-Saïd en Égypte .



 http://www.imprescriptible.fr/photographies/moussa-dagh

Et c’est à Port Saïd même qu’a été formée plus tard la Légion Arménienne ou Légion  d'Orient  qui s’est battue aux côtés de l’armée française et gagné la bataille d’Arara en Palestine









  Louis Dartige du Fournet  est démis de ses fonctions par le ministre de la Marine, Lucien Lacaze , avant d'être ensuite réhabilité. Il se marie et se retire à Périgueux dans sa villa Paknam.

La suite est racontée par Thomas Aintabian , dont les grands parents ont été sauvés en 1915 :
 “Ma grand-mère me parlait d’un amiral, Louis Dartige du Fournet, qui était devenu leur sauveur. Un amiral noble et courageux qui, par son geste humanitaire a libéré le peuple du Moussa Lèr afin de lui épargner une extinction  certaine. .La lutte héroïque du Moussa lèr et l’action des navires français reste gravée dans l’histoire  de l’humanité. Elle a servi la littérature mondiale. L’écrivain Franz Werfel ( en 1933)a écrit le chef d’œuvre  Les Quarante jours du Moussa Dagh,qui est devenu une référence et un guide pour les résistants chez les peuples opprimés. La prise de décision de l’amiral et le sauvetage des peuples du Mont Moïse sont un exemple d’humanité. Le récit de ma grand-mère et la forte gratitude du peuple du Moussa lèr envers l’amiral m’ont poussé à trouver sa tombe. Après de multiples recherches, je suis parvenu à Saint-Chamassy. »



Le maire  de St Chamassy Claude Fauret a eu la surprise en février 2010 de recevoir Thomas avec Nareg Hartounian et Daniel Arabian , à la recherche de la tombe du sauveur du peuple de Moussa Lèr.




  Le maire et les trois amis Arméniens décident d’organiser une cérémonie à l’occasion de la tournée européenne de l’Orchestre traditionnel Narégatsi


  

 « C’est un grand jour pour moi. La tombe d’un proche nous unit avec cet endroit et l’endroit devient nôtre. Désormais, chers amis, je suis aumaquois. A la fin de la Seconde Guerre mondiale,les Arméniens du Moussa lèr sont revenus dans leur pays mais en 1939,une fois encore, ils ont été contraints de quitter leur chère montagne et se sont installés au Liban,dans la ville d’Anjar,où est conservé dans un musée tout ce qui les rattache à leur passé et à leur histoire.C’est là que le pavillon blanc à croix rouge est plié et précieusement gardé. Ce drapeau – un drap blanc avec,au milieu,la croix de couleur bordeaux – a été fait à partir des vêtements d’un enfant de choeur. Signal de secours, il est devenu le lien entre les retranchés et le sauveur. Il est un symbole cher au coeur de chaque Moussalertsi. Aghassi, un sculpteur, a identiquement reproduit le drapeau plié en marbre.



   



 En images  le reportage d’A2 sur cet événement  http://www.anciens-combattants-armeniens.org/dartige-du-fournet.htm


Les 50.000 descendants de ces miraculés perpétuent chaque année le 3ème dimanche de septembre  le souvenir du sauvetage de leurs ancêtres
A proximité de Yerevan, le village de Moussalér organise chaque année en septembre une grande fête où l’on mange la  harissa en souvenir de leur sauvetage.


La harissa (en arménien Հարիսա) est un plat traditionnel  emblématique similaire à la kashkeg, une sorte de fondue à base de blé dur concassé battu avec de la viande de poulet.
C e plat a été transmis de génération en génération depuis des temps reculés, traditionnellement servie le jour de Pâques. Il est toujours préparé par de nombreux Arméniens dans le monde et est considéré comme le plat national de l'Arménie.

Lors de la fete de Moussaler ,  La Harissa est préparée dans de grandes bassines, une par année depuis 1915 , soit en 2011 96 récipients, cuit toute la nuit dans une atmosphère de musique et de dance et est servie à la population le dimanche matin.





Quelques souvenirs de celle de 2011  















2 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  2. Très beau travail de reconstitution de l'historique du génocide et images d'une belle fête .
    Marie Madeleine

    RépondreSupprimer